Le 12 juin 2026, le département du Commerce des États-Unis impose à la société américaine Anthropic de suspendre l’accès à ses modèles d’intelligence artificielle Claude Fable 5 et Claude Mythos 5 pour tout ressortissant étranger[1]. Le 26 juin 2026, il autorise Anthropic à redéployer Mythos 5 auprès de plus d’une centaine d’entreprises et d’institutions américaines considérées comme de confiance, dont plusieurs exploitent ou protègent des infrastructures critiques[2]. Le même jour, OpenAI ouvre une préversion limitée de GPT-5.6 Sol, qu’elle présente comme son modèle le plus puissant, à un petit groupe de partenaires de confiance dont la participation a été communiquée au gouvernement américain[3]. Le 30 juin, le département du Commerce lève les contrôles à l’exportation sur les deux modèles. Fable 5 est rétabli mondialement le 1er juillet, assorti de nouvelles protections[4]. Mythos 5 reste réservé, à ce stade, aux organisations autorisées dans le cadre du Project Glasswing.
Le cas Anthropic, et dans une moindre mesure celui d’OpenAI, montre que le gouvernement américain intervient directement dans les conditions d’accès à certains des modèles d’intelligence artificielle les plus avancés. Il révèle une logique de guerre de l’information par le contenant. Ce contrôle s’exerce habituellement sur les supports, les infrastructures ou les canaux qui permettent à l’information de circuler. Ici, il porte sur un outil qui produit et traite l’information. Cette approche américaine s’inscrit par ailleurs dans une stratégie plus vaste de puissance technologique et militaire, où la maîtrise de l’intelligence artificielle est devenue un enjeu de confrontation, notamment avec la Chine.
Une suspension fondée sur le contrôle des exportations
Dans son communiqué du 12 juin, Anthropic annonce avoir reçu du gouvernement américain une directive de contrôle des exportations, émise par le Bureau of Industry and Security (BIS) du département du Commerce, laquelle impose la suspension immédiate de l’accès à ses modèles Claude Fable 5 et Claude Mythos 5. La mesure s’applique à tous les ressortissants étrangers, qu’ils se trouvent aux États-Unis ou à l’étranger, y compris aux salariés non américains d’Anthropic. Dans un premier temps, l’entreprise désactive les deux modèles pour l’ensemble de ses clients. Les autres versions de Claude ne sont pas concernées[5].
Cette désactivation générale s’explique par une contrainte technique. Anthropic ne dispose d’aucun moyen d’établir en temps réel la nationalité de ses utilisateurs. Faute de pouvoir distinguer les ressortissants étrangers sans risquer des sanctions fédérales en cas d’erreur, l’entreprise a fermé l’accès à tous, y compris aux utilisateurs américains. Une mesure visant les ressortissants étrangers a ainsi privé les acteurs américains de leurs propres outils[6].
Fable 5[7] et Mythos 5[8], présentés le 9 juin 2026[9], utilisent le même modèle. Leur différence tient aux protections appliquées. Selon la presse spécialisée, Fable 5, destiné à un usage général, redirige certaines requêtes sensibles vers Claude Opus 4.8, moins puissant. Pour Mythos 5, ces protections sont levées dans certains domaines et son accès reste réservé à des organisations autorisées dans le cadre du programme Project Glasswing[10]. Pour justifier la directive, le gouvernement américain invoque la sécurité nationale. Selon Anthropic, le gouvernement américain aurait fondé sa décision sur l’existence d’une méthode permettant de contourner certaines protections de Fable 5, identifiée par des chercheurs d’Amazon et transmise aux autorités. L’entreprise conteste toutefois la portée de cette découverte dans la mesure où la technique n’aurait permis d’identifier que quelques failles mineures déjà connues, que d’autres modèles disponibles sur le marché seraient également capables de détecter[11]. Cette alerte émane d’un acteur privé, lui-même principal investisseur d’Anthropic, fournisseur de son infrastructure cloud et prestataire du département de la Défense américain[12].
La guerre de l’information par le contenant
Christian Harbulot distingue la guerre de l’information par le contenu, qui agit sur l’information et la connaissance, de la guerre de l’information par le contenant, qui porte sur les systèmes et les réseaux par lesquels l’information est produite, transportée ou rendue accessible[13].
À partir de cette distinction, le webinaire du CR451 consacré aux principes fondamentaux de la guerre de l’information retient cinq modes d’action de cette guerre par le contenant[14] : le contrôle des supports qui permettent de produire, d’émettre ou de recevoir ; le contrôle des infrastructures physiques qui transportent les flux ; le contrôle de l’accès aux contenus, aux plateformes et aux services ; le contrôle des financements nécessaires à l’existence d’un acteur informationnel ; le contrôle de la visibilité.
Ces catégories peuvent se recouper, notamment dans le numérique, où une plateforme peut être à la fois un support, un hébergeur et un contrôleur de visibilité. Leur distinction permet néanmoins d’identifier le moyen d’action principal.
Dans le cas de Claude, le moyen d’action principal est le contrôle de l’accès et le contrôle des exportations en constitue l’instrument juridique. La directive ne modifie ni le fonctionnement des modèles ni la nature des réponses qu’ils peuvent produire. Elle détermine qui peut les utiliser en fonction de leur nationalité.
Un nouvel objet du contrôle de l’accès
Dans ses formes classiques, le contrôle de l’accès vise des contenus déjà produits ou le canal qui permet de les consulter. Ici, la restriction porte sur des modèles d’intelligence artificielle générative, dont les analyses, les synthèses ou le code n’existent pas avant la demande de l’utilisateur. La directive ne bloque donc pas l’accès à une information existante. Elle réduit les capacités informationnelles des acteurs qui utilisaient Fable 5 et Mythos 5. Le mode d’action reste le contrôle de l’accès, appliqué désormais à un objet d’une autre nature.
Le contrôle des modèles d’intelligence artificielle dans la stratégie de puissance américaine
Le cas Claude se déploie sur plusieurs champs simultanément. La décision du 12 juin 2026 relève du contrôle des exportations sur le plan juridique, de la sécurité nationale sur le plan politique et de la maîtrise d’une technologie stratégique sur le plan économique. Sur le plan informationnel, elle restreint l’accès à un outil de production et de traitement de l’information.
Plusieurs textes publiés par la Maison-Blanche inscrivent explicitement la politique américaine relative à l’intelligence artificielle dans cette stratégie de puissance technologique. L’Executive Order du 23 juillet 2025 crée un programme fédéral destiné à soutenir l’exportation de l’ensemble de la chaîne technologique américaine de l’intelligence artificielle, depuis les équipements informatiques et les services cloud jusqu’aux modèles et aux applications. Il vise à favoriser l’adoption internationale des technologies américaines et à réduire la dépendance à l’égard des technologies développées par les adversaires des États-Unis[15].
L’Executive Order du 2 juin 2026 prévoit la création d’un cadre volontaire de coopération entre les développeurs de modèles avancés et le gouvernement fédéral. Les développeurs qui choisissent d’y participer peuvent donner aux autorités un accès anticipé à leurs modèles et collaborer avec elles à la sélection des partenaires qui en bénéficieront en premier[16].
Le 26 juin, l’annonce d’OpenAI donne une première illustration de cette coopération. À la demande du gouvernement américain, l’entreprise réserve dans un premier temps l’accès à GPT-5.6 Sol à un petit groupe de partenaires de confiance, dont la participation a été communiquée aux autorités. Une diffusion plus large est prévue dans les semaines suivantes. À la différence de la directive imposée à Anthropic, ce lancement restreint résulte d’une coopération volontaire entre OpenAI et le gouvernement fédéral[17].
La directive intervient également dans un conflit déjà engagé entre Anthropic et le gouvernement américain concernant les conditions d’usage militaire de ses modèles. L’entreprise soutenait certains usages de sécurité nationale, mais souhaitait maintenir des restrictions concernant les armes entièrement autonomes et la surveillance intérieure de masse[18]. Le 27 février 2026, le président Trump ordonne aux agences fédérales de cesser d’utiliser les modèles d’Anthropic. Le département de la Défense annonce le même jour qu’il désignera l’entreprise comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement ». Anthropic reçoit le 4 mars la confirmation de cette désignation[19].
Le 9 mars 2026, Anthropic engage deux procédures fédérales pour contester cette désignation. La première est une action civile déposée devant le tribunal fédéral du district nord de Californie. La seconde est une requête en révision adressée à la cour d’appel fédérale du district de Columbia. L’entreprise soutient notamment que la mesure sanctionne les positions qu’elle a exprimées sur les usages militaires de ses modèles et qu’elle méconnaît ses droits constitutionnels ainsi que les procédures prévues par la loi[20].
Enfin, Anthropic avait elle-même présenté les capacités de Mythos comme trop risquées pour une diffusion large et doté Fable 5 de protections destinées à limiter certains usages. Son discours pourrait ainsi avoir fourni au gouvernement un argument supplémentaire pour justifier la restriction[21].
Les objectifs affichés par la Maison-Blanche, le critère de nationalité, la succession des mesures prises contre Anthropic et la coopération avec OpenAI suggèrent que le contrôle de l’accès aux modèles d’intelligence artificielle est devenu un instrument de la puissance américaine. Les intérêts nationaux des États-Unis peuvent ainsi conduire à restreindre l’accès de leurs alliés à certaines technologies.
Les effets retour de la directive
Outre la désactivation totale des deux modèles, y compris pour les utilisateurs américains, plusieurs effets retour peuvent être identifiés.
Le premier effet relève de la captation de marché. En démontrant que l’accès à un modèle américain pouvait être suspendu par une décision administrative, la directive a renforcé l’intérêt de solutions alternatives, notamment de modèles chinois à poids ouverts tels que DeepSeek, Qwen ou GLM. Ces modèles réduisent le risque de coupure par un fournisseur unique. En effet, une fois téléchargés, ils peuvent être exécutés localement, sans dépendre en permanence d’un service distant susceptible d’être suspendu[22].
Pendant la suspension, des start-up asiatiques ont lancé des modèles présentés comme équivalents à Mythos et démarché les clients privés d’accès. L’interruption de l’offre américaine leur a ouvert un espace qu’elles se sont pressées d’occuper. La dépendance à un fournisseur unique, qui constituait un levier de puissance pour les États-Unis, devient alors un risque que les utilisateurs cherchent à réduire. Ces réactions illustrent une constante de la guerre de l’information par le contenant, où chaque forme de contrôle crée ses propres stratégies de contournement[23].
Le deuxième effet, qui découle du premier, est un risque de perte d’influence pour les États-Unis dans le domaine de l’intelligence artificielle, alors même que l’Executive Order du 23 juillet 2025 vise à faire de la diffusion des technologies américaines un vecteur d’influence[24].
La directive aurait pu produire un autre effet d’ordre juridique. Le 23 juin, l’entreprise américaine Legion LegalTech, dont les développeurs canadiens ont perdu l’accès à Fable 5, saisit la justice fédérale pour contester la directive. Elle qualifie le préjudice d’« immédiat, irréparable et existentiel ». Elle soutient qu’aucun texte relatif au contrôle des exportations ne couvre les modèles hébergés ni les contenus qu’ils produisent, et que la directive contredit le décret du 2 juin 2026, lequel exclut la création d’un régime obligatoire d’autorisation préalable pour la diffusion de nouveaux modèles. Le juge aurait pu se prononcer sur le fondement et le champ de la directive ainsi qu’en délimiter la portée pour les cas futurs. Le 6 juillet cependant, Legion met fin à la procédure, l’accès aux modèles ayant été rétabli. Faute de procédure, aucun juge n’examinera la légalité de la directive. Le gouvernement n’aura donc jamais eu à justifier son action devant un tribunal[25].
De la dépendance à la vulnérabilité européenne
Pour les organisations européennes qui utilisent des modèles propriétaires américains, la directive du 12 juin 2026 montre qu’une dépendance commerciale peut devenir une vulnérabilité opérationnelle. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large. Une étude du Parlement européen publiée en 2025 constate ainsi que l’Europe reste fortement tributaire de fournisseurs non européens, principalement américains, pour les logiciels et les services cloud, ce qui crée des vulnérabilités stratégiques[26].
De nombreuses organisations accèdent aux modèles d’intelligence artificielle par des interfaces de programmation, les intègrent à leurs procédures internes et développent autour d’eux des outils ou des bases documentaires. Cette dépendance devient une vulnérabilité dès lors que l’accès peut être interrompu par une décision extérieure et qu’aucune solution de remplacement n’a été prévue.
La dépendance ne porte pas seulement sur la continuité de l’accès. Les données transmises à un modèle américain soulèvent aussi un enjeu de maîtrise et de protection, dès lors qu’elles sont confiées à un acteur soumis au droit américain.
Un cas dans l’industrie des semi-conducteurs illustre ce risque. En mai 2025, les États-Unis imposent de nouvelles restrictions sur la fourniture à la Chine de logiciels de conception électronique. Plusieurs fournisseurs suspendent alors des ventes, des services et des accès avant la levée des restrictions au début du mois de juillet[27]. Une mesure administrative américaine peut donc interrompre du jour au lendemain l’accès à un logiciel stratégique déjà intégré aux activités de ses utilisateurs. La comparaison avec Fable 5 a cependant ses limites, dans la mesure où ces logiciels remplissent une fonction industrielle spécialisée alors que Fable 5 est un outil généraliste, utilisé aussi bien pour la recherche que pour l’analyse ou la programmation.
Le rétablissement de l’accès ne supprime pas cette vulnérabilité. Mythos 5 a dans un premier temps été redéployé le 26 juin auprès d’une centaine d’organisations américaines considérées comme de confiance[28], puis les contrôles à l’exportation ont été levés le 30 juin et Fable 5 rétabli mondialement le 1er juillet. Le gouvernement américain aura ainsi démontré qu’il pouvait suspendre un modèle commercial déjà déployé à l’échelle mondiale, le maintenir hors ligne du 12 juin au 1er juillet, puis en conditionner le retour à l’adoption de nouvelles protections et à des engagements de coopération. Mythos 5 reste, à ce stade, réservé aux partenaires du programme Glasswing. Un précédent est ainsi posé.
Une extension de la guerre de l’information par le contenant
Avec le cas Claude, le contrôle de l’accès vise désormais des outils d’intelligence artificielle générative, c’est-à-dire des instruments qui renforcent directement les capacités informationnelles de leurs utilisateurs. Si l’objet du contrôle change de nature, le mode d’action consiste toujours à agir sur le contenant.
Pour la France et l’Europe, ce précédent représente un avertissement. L’accès à des technologies intégrées aux activités des entreprises, des administrations ou des organismes de recherche peut être interrompu par une décision prise aux États-Unis, y compris lorsque les utilisateurs sont établis dans des pays alliés. La levée ultérieure des restrictions ne supprime pas cette vulnérabilité. Elle confirme que l’accès à certains des modèles américains les plus avancés peut dépendre d’une décision souveraine américaine, qu’il s’agisse d’en suspendre ou d’en rétablir l’accès.
Cette situation révèle une asymétrie entre les États-Unis, qui fixent les conditions d’accès à ces technologies, et les acteurs étrangers, qui peuvent en être privés sans participer à la décision.
La France et l’Europe doivent donc anticiper de nouvelles restrictions et s’y préparer. Cette préparation suppose de savoir quels usages seraient touchés par une nouvelle restriction et de disposer de solutions de repli, ce qui exclut toute dépendance exclusive à un fournisseur. Elle passe, à terme, par une offre européenne crédible de modèles d’intelligence artificielle. L’objectif est d’éviter qu’une décision étrangère prive sans délai les acteurs européens d’outils dont dépendent certaines de leurs activités.
Notes
[1]Anthropic, « Statement on the US government directive to suspend access to Fable 5 and Mythos 5 », 12 juin 2026. Le texte intégral de la directive n’a pas été rendu public.
[2] Reuters, « US allows Anthropic to release Mythos AI to « trusted » US organizations », 27 juin 2026
[3] Reuters, « OpenAI limits rollout of advanced GPT-5.6 models at US government request », 26 juin 2026
[4] Anthropic, « Redeploying Claude Fable 5 », 1er juillet 2026
[6] Nextgov, « Anthropic suspends top AI models after U.S. export control order », 12 juin 2026 ;
IA et Stratégie | Le SamourAI, « Le gouvernement américain interdit Claude : ce que vous devez savoir », 13 juin 2026 ; ainsi que le communiqué d’Anthropic cité en note 1
[7] Rotek, « Claude Fable 5 : Anthropic ouvre son modèle le plus puissant au public », 10 juin 2026
[8] Rotek, « Claude Mythos : le modèle qu’Anthropic refuse d’ouvrir au public », 10 juin 2026
[9]Anthropic, « Claude Fable 5 and Mythos 5 », 9 juin 2026
[10]Anthropic, « Project Glasswing », 7 avril 2026
« Project Glasswing est une initiative de cyberdéfense qui met le modèle Claude Mythos Preview entre les mains d’organisations chargées des infrastructures critiques. Les partenaires l’utilisent pour scanner leur code et corriger des failles, pendant qu’Anthropic partage les enseignements avec l’ensemble du secteur. » dans Rotek, « Project Glasswing : Anthropic met son IA la plus puissante au service de la cyberdéfense », 10 juin 2026
[11]Selon Anthropic, les autorités auraient été informées de l’existence d’une méthode de jailbreaking ciblant Fable 5. Anthropic indique avoir examiné une démonstration portant sur un petit nombre de vulnérabilités mineures et déjà connues, et considère que d’autres modèles publics, dont GPT-5.5 d’OpenAI, permettent d’obtenir des résultats comparables. Ibid., note 1.
[12] Fortune, « How a warning from Amazon led the White House to shut down Anthropic’s Mythos model », 14 juin 2026 ;
Anthropic, « Redeploying Claude Fable 5 », 1er juillet 2026 ;
[13]Christian Harbulot, « La guerre de l’information », CR451, 24 janvier 2023
[14] CR-451, webinaire « Les 10 principes fondamentaux de la guerre de l’information », mai 2026
[15]The White House, « Promoting the Export of the American AI Technology Stack », Executive Order, 23 juillet 2025
[16]The White House, « Promoting Advanced Artificial Intelligence Innovation and Security », Executive Order, 2 juin 2026
[17] OpenAI, « Previewing GPT-5.6 Sol: a next-generation model », 26 juin 2026 ;
Reuters, « OpenAI limits rollout of advanced GPT-5.6 models at US government request », 26 juin 2026
[18] Anthropic, « Statement from Dario Amodei on our discussions with the Department of War », 26 février 2026 ;
Anthropic, « Statement on the comments from Secretary of War Pete Hegseth », 27 février 2026
[19]Reuters, « Trump directs US agencies to toss Anthropic’s AI as Pentagon calls startup a supply risk », 27 février 2026 ;
Anthropic, « Statement on the comments from Secretary of War Pete Hegseth », 27 février 2026 ;
Anthropic, « Where things stand with the Department of War », 5 mars 2026
[20] Reuters, « Anthropic sues to block Pentagon blacklisting over AI use restrictions », 9 mars 2026
[21]Peter Girnus, chercheur en cybersécurité, sur X, 12 juin 2026. Cité dans Fortune, « Anthropic disables Fable and Mythos AI models », 13 juin 2026
[22] Tech Startups, « Anthropic CEO warned that open-source AI could become ‘very dangerous’ as Western companies quietly switch to Chinese AI models », 29 juin 2026 ;
IA et Stratégie | Le SamourAI, « le piège du harnais et la fuite vers la Chine », 30 juin 2026.
[23] TechCrunch, « Asian AI startups launch Mythos-like models as Anthropic’s export ban drags on », 27 juin 2026
[24] Al Jazeera, « US export ban on Anthropic’s AI models further strains alliances », 19 juin 2026.
[25] MLex, « Anthropic customer Legion LegalTech sues US to undo Fable 5, Mythos 5 ban », 23 juin 2026 ;
[26] Parlement européen, « European Software and Cyber Dependencies », étude demandée par la commission ITRE, décembre 2025
[27] Siemens Digital Industries Software, Tony Hemmelgarn, « A Statement from Tony Hemmelgarn », 4 juin 2025 ;
EETimes, « US restricts EDA software sales to China », 30 mai 2025 ;
[28] Semafor, « US releases powerful Anthropic model Mythos to some US companies », 26 juin 2026
